Photographie par Laurie-Han Hébert
Aujourd’hui était une journée spéciale pour l’Association étudiante de l’École Supérieure de Mode de l’UQÀM. En effet, la première édition de leur défilé s’est déroulée au Centre Phi, reconnu pour ses événements artistiques et culturels. La soirée nous a donc permis de découvrir quelques talents québécois. Voici les créateurs et leurs collections.
Article par Laurie-Han Hébert.
Velvet Couture
Une entreprise mère-fille qui a été créée et conçue à Montréal. Leurs vêtements sont à la fois épurés et dotés de détails bien pensés. Leur vision multigénérationnelle et exotique apporte un vent de légèreté à votre garde-robe.
« Velvet Couture, nous sommes une entreprise mère-fille produite à Montréal. Une équipe à la recherche du parfait équilibre entre élégance et confort. » – Lio
La collection était inspirée du kimono d’été japonais ”Yukata”. Nous pouvons donc affirmer que c’était une interprétation moderne de ce vêtement. L’ensemble du look était à la fois épuré et décontracté. Le maquillage des mannequins était subtil et l’accent était majoritairement sur la couleur cuivrée peinte sur leurs paupières. Le blanc, le gris et le rose formaient une teinte pâle et discrète qui était soit adoucie par la texture ouateuse des vêtements qui avaient une touche sportive, ou alors rehaussée par les tissus satinés des ensembles de soirées. D’ailleurs, la brillance de ceux-ci était accentuée par les plis des vêtements situés sur les cuisses ou sur le torse. Dans tous les cas, cette collection semble être grandement confortable, que le vêtement soit ample ou collé à la peau, puisque le tissu est léger et semble promettre une certaine douceur.
Information sur Velvet Couture et achat en ligne: https://velvetcouture.ca/
Lyna & Cassandre
Ces deux jeunes designers se sont penchées sur cette question: est-ce que l’art peut devenir mode?
Le but principal était de révéler la nature plane d’un tableau à travers la collection Exhibition, qui tire son nom de cette volonté de réunir art et mode sur le podium. L’influence orientale se faisait sentir non seulement par le choix des tissus satinés, mais aussi par le style de la coupe, ainsi que le choix des chaussures simplistes seulement dotées de sangles qui soutiennent le pied. Les couleurs étaient principalement le kaki et le rose pâle qui étaient recouverts de motifs imprimés ou peints à la main. Le morceau qui a attiré notre attention était presque entièrement rose. Les motifs apposés sur celui-ci étaient quelques fois d’un bleu profond et foncé qui rappelait les manches d’un second morceau.
Tristan & Myriam
La collection du duo Cas No.01 représente l’analyse qui résulte d’une sensation de réconfort dans l’inconfort. En abordant les thèmes du cerveau humain et du manque de liberté par la métaphore, les designers travaillent en redéfinissant les limites du corps humain, qui dans ce cas se trouvent à être celles des mannequins. C’est donc tout un monde encombré, douillet et inconfortable, mais à la fois doux grâce aux matières utilisées, qui a été créé afin que l’on puisse se demander jusqu’où le corps peut aller. Le blanc et le beige étaient discrets, probablement afin que l’attention soit entièrement portée sur les formes et les textures, et c’était très bien de cette façon.
Michael & Shawn
La collection est une approche vestimentaire qui manifeste une introspection des concepts entourant le suprématisme, un mouvement artistique créé par Kasimir Malevitch en Russie, au commencement du XXe siècle.
On retrouve dans cette collection certains éléments propres au suprématisme comme le cercle, une des formes de base de ce mouvement; mais aussi de nouveaux apports comme les fameuses chaussures et bottines à semelle compensées, ainsi que des lacets noirs qui laissent entrevoir les jambes du mannequin. De plus, on sent un contraste entre les vêtements de bureau pour hommes et la façon dont ils sont portés par les mannequins (la chemise est en dehors du pantalon et le veston est volontairement trop grand); ainsi qu’entre le look décontracté des premiers mannequins versus celui plus épuré et plus fidèle à la silhouette des autres modèles.
« J’essaie de développer un univers plutôt prêt-à-porter underground/dark, à la fois sportwear dû à mon passé d’athlète national en natation. » – Michaël
« The purpose of art is washing the dust of daily life out off our souls » – Shawn
Arianne & Wan Hua
Cette collection est composée de deux concepts:
  1. Le corps humain est objet d’expression pour le vêtement lorsque la personne qui le porte décède. La représentation de ce concept est digne d’art simplement puisque le cillement en tant que son, les pieds des mannequins seulement vêtus de bas ou de tissus, les poids traînés et bien d’autres aspects font en sorte qu’il règne un inconfort, voir même une pression tangible dans la salle. Il en résulte la compréhension d’une communication à travers le vêtement et la manifestation d’une condition propre à chacun.
  2. On montre que l’école, à cause de ses normes et règles, est représentative de ces lieux standardisés qui empêchent la réelle créativité personnelle par un mannequin qui, d’un côté, porte un complet qui empêche tout usage de ses mains, et de l’autre est pratiquement nu. Cela fait peut-être un clin d’œil aux règles qui indiquent de couvrir certaines parties du corps, tout en signifiant que se plier à celles-ci nous prive de mettre à nu notre créativité et nous enferme dans une boîte.
Cette collection laisse place à plusieurs interprétations et emprunte à la performance.
Guillaume
Guillaume explore l’émergence du commerce électronique par le contraste entre le luxe et le bas de gamme, ainsi que la simplicité et la complexité. Ce changement dans l’industrie de la mode est ce que le designer veut communiquer aux gens, de façon à ce qu’ils constatent cela d’un point de vue artistique.
Le bleu nuit, le blanc et le jaune miel étaient tous au rendez-vous et en symbiose avec les tissus satinés et translucides. Le rappel des couleurs et des formes était également favorisé. Il y avait un grand respect des silhouettes, tout en favorisant des tissus qui prennent de l’ampleur dans l’espace, créant ainsi un effet décontracté, mais aussi chic et bien pensé.
Ce défilé était pour les étudiants une opportunité de se faire connaître. Certains ne sont qu’au début de leur baccalauréat. Qui sait ce qu’ils nous réservent?
*Les images représentant les designers ont été prises sur la page de l’événement Facebook du défilé de l’AéESM.

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