Aujourd’hui est la journée officielle de l’ouverture de la boutique pignon sur rue de Station Service. On parle de vêtements locaux, de zéro déchet, et de l’évolution du concept de l’entreprise avec la fondatrice Raphaëlle Bonin.
Article par Laurie-Han Hébert
 

 

Cet article priorise :
✓ La production locale
✓ La réutilisation

 

 

Introduction à Station Service
Station Service est avant tout une boutique-concept qui met de l’avant la location de vêtements durables fabriqués par des créateurs locaux. Le concept à pourtant évolué, et l’inauguration de la boutique physique au 72 Rachel Est amène un coin zéro déchet, des produits et accessoires, de la lingerie, ainsi que la possibilité d’acheter certaines pièces. L’idée de louer des vêtements peut vous être inconnue, mais c’est l’idéal lorsque vous devez porter un ensemble spécial pour une seule soirée! De plus, l’équipe offre des consultations de stylisme afin de vous aider à trouver les morceaux parfaits. Parmi les créateurs que l’on peut retrouver à la boutique se trouvent Eliza Faulkner, Marigold, Martel, Mercedes Morin, Odeyalo et bien d’autres!

« On veut que la cliente puisse venir ici et tout trouver. Elle a ses cadeaux, des produits du quotidien, des vêtements et éventuellement des chaussures. On veut que ce soit comme sa station-service, son lieu d’arrêt où elle peut tout trouver. » – Raphaëlle Bonin, fondatrice chez Station Service

 

 

Entrevue avec Raphaëlle Bonin, fondatrice chez Station Service

 

Parlez-nous un peu de votre concept. Qu’est-ce qui vous démarque en tant que boutique de location de vêtements?

C’est sûr que le concept a énormément évolué dans les derniers mois. On a vraiment voulu se démarquer avec le fait qu’on a des produits complètement éthiques, locaux et faits ici. La deuxième chose c’est vraiment l’expérience client. J’ai réalisé que la présence du web est énorme et que c’est essentiel d’avoir des sites transactionnels maintenant, mais je voulais vraiment créer un lieu chaleureux, invitant, où les gens peuvent être présents sans jugement et être accompagnés. Souvent, les grandes boutiques sont impersonnelles, il y a trop de produits et c’est étouffant, donc on a l’impression de n’avoir aucun choix. Moi je me suis dit que nous allions faire une sélection et proposer aux clientes ce qu’on juge qui est le plus facile à porter. Le volet location est vraiment d’accompagner la cliente et répondre à ses besoins très précis, puis on a ajouté une section de vente de produits pour les essentiels à avoir dans sa garde-robe et justement maximiser cette expérience client avec des produits connexes.

 

Votre concept évolue, vous aurez maintenant des pièces accessibles à l’achat. Quelle réaction pensez-vous que cela suscitera chez vos clients?

C’était la première journée hier. On a ouvert et il y avait plein de clientes. On en a eu pour la location et pour la vente. Je pense qu’au niveau de la consommation, on n’est pas habitués à louer des vêtements, donc je crois qu’entrer dans la boutique et découvrir le concept, ça sème une petite graine, puis après ça si toi tu préfères acheter pour commencer parce que tu n’es pas habituée ou parce que tu préfères avoir une pièce précise dans ta garde-robe, bien tu peux commencer par ça et éventuellement aller vers la location ensuite. Je trouve que c’est un super beau tremplin pour permettre aux clientes de changer leur façon de consommer et leur offrir une solution vraiment concrète.

 

Comment déterminez-vous les pièces qui sont mises de l’avant dans votre boutique? Y a-t-il des critères que celles-ci doivent respecter?

C’est sûr qu’on veut souvent des pièces polyvalentes, qui peuvent vraiment s’associer à plusieurs morphologies, qui vont épouser le corps de la femme dans un côté féminin, mais aussi en allant chercher le côté assumé de la femme. Notre sélection est vraiment faite en fonction que ce soit coloré, vibrant, avec de belles matières et de belles coupes. On ne veut pas que ce soit des pièces ennuyantes. On veut que ce soit des pièces amusantes qui ont un côté femme, un côté professionnel. Tout est dans la question de la coupe, de la matière et des couleurs. J’essaie de m’éloigner du gris, blanc et noir. Même moi je suis presque constamment habillée comme ça, mais je sais que dans la création, on a des matières, des imprimés, des couleurs, des choses qui sont différentes. Pour la section de vente, on a des couleurs plus neutres pour les basics, pour les pièces que tu te dis « Je veux les acheter, je veux les avoir. » . On a des petites pièces plus punchées, mais qu’on juge que l’on peut garder longtemps.

 

Vous avez opté pour l’ajout d’une section zéro déchet. Serait-il éventuellement possible pour vous de devenir 100% zéro déchet?

J’ai toujours aimé la papeterie. J’écris encore sur du papier. Je pense que l’on réutilise énormément ce qu’on a. Par exemple, on réutilise nos boîtes de carton et on dit aux clientes que ça se peut qu’elles ne soient plus impeccables puisqu’elles ont des petites imperfections, mais on fait attention. On a aussi des créateurs qui utilisent encore le papier. On ne va pas boycotter leur packaging non plus. Je suis vraiment d’avis dans la vie qu’il faut être équilibré et balancé. Si c’est des objets que tu penses garder ou que tu peux réutiliser, tant mieux. Après ça, dans la boutique en tant que telle, on a des verres réutilisables, on fait de la livraison à vélo et on essaie d’avoir le plus possible d’impact, mais ensuite c’est vraiment de faire des choix. On ne peut pas tout faire en même temps. On a nos limites. On a nos limites budgétaires aussi. On a fait énormément de choix environnementaux ce qui a un coût. C’est une étape à la fois et c’est de trouver des outils. Par exemple, on a des pailles réutilisables. Déjà là on sait que c’est un des fléaux pour l’environnement. On va aller chercher des éléments du quotidien qui ont réellement un impact et on fera attention afin de faire des choix conscients de notre côté.

 

 

Parlons de l’esthétique de la boutique. Décrivez-nous l’ambiance que celle-ci dégage et de quelle façon vous associez celle-ci à Station Service en son ensemble.

Premièrement, il faut savoir que les deux filles qui ont conçu l’espace, il y en a une là-dedans qui est une de mes très bonnes amies, et l’autre est une connaissance qui est devenue aussi une amie. Je leur ai fait confiance à 100 %. Je leur ai dit mes besoins et après ça elles ont créé ça. C’est sûr que la boutique n’est pas terminée et qu’elle ne le sera pas encore demain, mais je trouve qu’il y a un côté ludique, un côté délicat, mais avec du caractère. Ce que je vois aussi c’est qu’il y a un côté assumé. On a osé un design, on est allé all-in et je trouve qu’autant qu’il y a des trucs inspirés de ce qu’il se fait, autant il y en a d’autre que l’on ne voit pas nécessairement en ce moment à Montréal et c’est vers cela que j’avais envie d’aller. Je trouve que c’est très aéré, lumineux, circulaire et que ça respire. C’est vraiment à l’image de nos clientes, je pense que c’est vaste, brillant et percutant, non dans le délicat. La féminité peut aussi être assumée.

 

On peut en conclure que vous avez eu la brillante initiative de vendre un service plutôt qu’un produit, et par le fait même de minimiser les déchets et maximiser l’utilisation des vêtements. Croyez-vous que l’avenir de la vente en mode se trouve dans ce concept?

Je pense que l’avenir dans la mode est qu’il faut faire les choses autrement, parce que la mode en ce moment est dans un moment décisif où il faut faire des choix qui sont plus éthiques. On ne pourra plus produire autant, ça ne pourra plus se faire. On le voit même déjà avec H&M qui produisent trop et finissent par tout jeter en fin de saison. Je pense qu’il faut faire les choses autrement. Ensuite, est-ce que la location de vêtements est l’avenir? Je l’espère. Je crois que c’est une partie de l’avenir et qu’il y a aussi énormément d’autres solutions possibles, mais il faut tout simplement faire des choix conscients et les entreprises doivent prendre des décisions et assumer leurs choix en y allant sincèrement et authentiquement parlant. On peut dire que l’on est éthique, mais il faut vraiment le faire concrètement, faire des actions réalistes qui sont tangibles.
« On ne pourra plus produire autant, ça ne pourra plus se faire.»

 

 

Nous avons personnellement adoré le concept rafraichissant de Station Service, tout comme le look lumineux de la boutique. Allez faire un tour à l’ouverture officielle, ce soir au 72 rue Rachel Est et profitez-en pour jeter un coup d’œil aux pièces que vous pourriez louer prochainement!
*Cet article n’est en aucun cas commandité par Station Service.

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