Voici un petit récapitulatif de certains concepts, afin de vous aider à mieux comprendre la mode conscientisée.
Par Laurie-Han Hébert
Le consommateur:
Nous oublions parfois l’importance du consommateur et de ses choix. Sans client, il n’y a pas d’entreprise. Celui-ci fait un vote en choisissant de dépenser son argent chez une compagnie ou une marque plutôt qu’une autre. Il est responsable de sa conscientisation et de son choix actif ou passif.

« Le consommateur est garant de l’existence d’un vêtement par ses méthodes d’entretien, par la façon dont il le répare ou s’en défait, insiste Sonia Paradis. Il a un énorme pouvoir tout au long du processus. Et souvent on néglige cet aspect-là. » – (Tremblay, 2014, Le Devoir)

Fast Fashion:
Selon la revue suisse Monde Économique, le fast fashion est un peu semblable au fast-food. Il faut donc « produire et diffuser dans des temps records des collections sans cesse renouvelées. » (Hoffmann, Monde Économique) D’ailleurs, Le Devoir caractérise cela de « prêt-à-jeter ». (Poitras, 2015, Le Devoir)
Slow Fashion:

Selon Le Devoir : « Le mouvement slow fashion s’impose partout dans le monde, ralliant de plus en plus d’adeptes qui apportent des solutions concrètes pour contrecarrer les conséquences affligeantes de la production de masse sur les droits des travailleurs, surtout dans les pays du tiers-monde. » (Poitras, 2015, Le Devoir)

Le New York Times explique que les designers, même ceux à la tête de grandes maisons de couture, là où la rapidité est la norme, renoncent à la pression de lancer de nouveaux produits à un rythme encore plus immédiat. (Phelan, 2017, New York Times)
La mode durable:
Le fast fashion a entrainé une durée de vie plus courte pour les vêtements. En effet, les collections de vêtements sont renouvelées plus fréquemment et cela engendre le choix de tissus de moindre qualité qui mène à une « mode plus éphémère ». (Lévesque, 2017, Radio-Canada)
La mode durable propose produire les vêtements de façon à ce que ceux-ci perdurent dans le temps, et cela dans un respect environnemental et social. Nous évitons ainsi que les vêtements soient jetés à cause de leur qualité qui laisse à désirer.
LA MODE ÉTHIQUE:
L’association québécoise du commerce équitable est d’avis qu’il n’y a pas de définition normative pour la mode éthique et durable. Pour eux, chaque entreprise à sa propre conception. Ils indiquent aussi que « les entreprises qui s’identifient comme durables ou éthiques indiquent généralement que leurs produits sont fabriqués dans un souci de réduction de l’exploitation de l’environnement ou des travailleurs, ou des deux. Dans certains cas, ils mettent même en avant une intention claire de produire des articles de qualité et polyvalents afin de réduire le besoin de consommer plus. » (de Fabritus, 2017, Association québécoise du commerce équitable)
Notre définition de la mode éthique est bien simple. La mode éthique est à la fois sociale et environnementale. Celle-ci regroupe le commerce équitable (fair trade), un salaire décent (fair wage), le recyclage, ainsi que les aspects écologiques, durables et biologiques. Le slow fashion, la mode durable et écologique sont donc tous compris dans la mode éthique, qui est perçue par certains comme un concept qui englobe les pratiques favorables aux exigences de la morale. La mode éthique est avant tout un rassemblement de plusieurs progrès combinés ensemble. Ce que nous affirmons par cela est le fait qu’une entreprise n’a pas à être 100% éthique à tous les niveaux pour être qualifiée comme étant éthique. C’est la combinaison des efforts différents qui fera un changement signifiant. La perfection éthique est difficile à atteindre. Le but est donc de changer le monde, et cela à sa façon. Sonia Paradis, fondatrice de la Fabrique éthique est du même avis :« Les enjeux sont complexes, il y a plein d’axes d’intervention. Chaque designer doit choisir ce qu’il priorise et faire des compromis dans son idéal, parce que ça reste un produit de consommation. » (Tremblay, 2014, Le Devoir)
Références:
DE FABRITUS, Loïc. 2017, « La mode équitable, une alternative à la ”Fast Fashion” », Association québécoise du commerce équitable. En ligne (août). http://assoquebecequitable.org/2017/08/25/mode-equitable-alternative-a-fast-fashion/. Consulté le 5 mars 2018.
HOFFMANN, Myriam. « La fast-fashion sévit », Monde Économique. En ligne. https://www.monde-economique.ch/fr/posts/view/la-fast-fashion-sevit . Consulté le 5 mars 2018.
LÉVESQUE, Charles. 2017, « Plaidoyer pour un retour à la mode durable », Radio-Canada. En ligne (aout). http://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/matins-sans-frontieres/segments/entrevue/33593/mode-ephemere-fast-fashion-retour-vetements-durables.Consulté le 6 mars 2018.
PHELAN, Hayley. 2017, « What Is Slow Fashion? We explain », New York Times. En ligne (Octobre) https://www.nytimes.com/2017/10/11/fashion/what-is-slow-fashion.html.Consulté le 5 mars 2018.
POITRAS, Jean-Claude. 2015, « Le slow fashion, nouvelle conscience de la mode », Le Devoir. En ligne (février). http://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/432866/le-slow-fashion-nouvelle-conscience-de-la-mode. Consulté le 5 mars 2018.
TREMBLAY, Geneviève. 2014, « Mode durable et locale: une autre philosophie vestimentaire », Le Devoir. En ligne (juillet). http://www.ledevoir.com/vivre/413579/mode-durable-et-locale-une-autre-philosophie-vestimentaire.Consulté le 6 mars 2018.