Le documentaire River Blue s’est donné pour mission de montrer aux consommateurs les raisons pour lesquelles la production de jeans est nocive pour l’environnement, plus principalement pour les rivières situées dans villes de production. En cette journée mondiale de l’eau, nous vous présentons cette problématique aux côtés de quelques solutions.
Article par Laurie-Han Hébert.
Éléments priorisés :
L’eau
Les conditions de travail
Voici ce qui est dommageable en lien avec le jean, sa production et sa consommation:
  • La délocalisation de la production vers la Chine, l’Inde, etc. fait en sorte qu’il y a production sans station d’épuration dans des pays où la réglementation environnementale est bien moins stricte. Les produits chimiques sont donc déversés dans les rivières lors de la production de jeans (la teinture et les produits utilisés qui donnent un aspect usé aux pantalons).
  • La main-d’œuvre produit l’effet délavé à la main en ponçant le denim à un taux d’humidité de 98% (le taux nécessaire afin de préserver les substances chimiques), ou en appliquant un spray chimique de permanganate de potassium. La seule chose qui protège leurs poumons de ces produits est le masque qu’ils portent.
  • Le déversement de ces produits chimiques affecte aussi les habitants des environs qui se retrouvent contaminés. Cela affecte entre autres les nouveau-nés qui peuvent naître avec une malformation, un handicap ou d’autres problèmes de santé physique et mentale. (Morgan, 2015, The True Cost)
  • La consommation s’élève à 4 paires de jeans par an aux États-Unis. La demande a donc considérablement augmenté. Au cours les 20 dernières années, la Chine a doublé sa production textile, ce qui lie à une augmentation quant à la quantité d’eaux usées non traitée et déversée dans les rivières.
Vers la fin du documentaire, François Girbaud (denim designer et créateur de Stone Wash Denim), considéré comme l’homme qui a inventé le jean délavé reconnait avoir fait une erreur au départ et ne pas avoir pris conscience de ses actes de 1972 à 1989. En effet, son équipe créait les traitements les plus efficaces pour l’esthétique du jean avec les substances les plus corrosives qui soient comme le permanganate et l’acide. Il a pourtant reconnu les répercussions de ses actes en admettant que c’est pratiquement eux qui ont inventé la pollution des rivières.

« J’ai fini par me rendre compte de l’impact de notre travail, de ce que nous avions fait, des répercussions, de la pollution des rivières. Tout ça, c’est nous qui l’avons généré. » – François Girbaud, designer

River Blue ne se limite pas aux répercussions. Le documentaire s’intéresse aussi aux solutions. En voici quelques-unes :
  • Le consommateur joue un rôle clé au niveau de la demande en votant avec son argent. Nous devons réduire notre utilisation de produits chimiques. Le consommateur doit savoir que l’effet délavé de ses jeans est le résultat d’éléments nocifs pour l’environnement.
  • Prendre exemple sur rivières comme la Tamise en Angleterre qui s’est régénérée grâce aux efforts de conservation et à la stricte législation de Londres contre les déversements de toxines. Aujourd’hui, nous retrouvons 125 espèces de poissons dans cette rivière, alors qu’il n’y avait aucun signe de vie lorsque nous la considérions comme biologiquement morte il y a 40 ans.
  • Des représentants comme Eric Dickstein (marque dutil.) et Lucas Feichmannn (marque Eco Prk) font partie d’une nouvelle génération de créateurs qui s’engagent à être transparents et à créer des jeans d’une façon éthique. Ils font partie d’un mouvement constitué de plusieurs nouvelles entreprises qui montreront un modèle frais pour les compagnies du futur.

« Nous pouvons sauver la planète, si elle le veut bien. » François Girbaud, designer

Une nouvelle façon de produire le denim :
  • Italdenim par Luigi Caccia : Une compagnie de renom pour la production de denim en Europe et une des premières à adopter la campagne Detox de Greenpeace.

« C’est la grande différence entre nous et le reste du monde : notre façon de faire. » Luigi Caccia

Ce qui les démarque des autres marques, c’est une étape du traitement de coton qui réduit jusqu’à 80% des substances chimiques et la consommation d’eau. Ils se sont tournés vers l’océan en utilisant l’exosquelette de crustacés pour en faire une poudre appelée «chitosan» qui améliore l’adhésion de la teinture sur le fil, lorsque mélangée à l’eau. Le coût de ce tissu est à peine plus cher que celui qui est fabriqué dans les pays du tiers monde. De plus, l’usine récupère aussi la vapeur afin d’en faire de l’énergie.

« Si une grande compagnie fait de même, l’impact sera multiplié par 10, 12, voire même 100. » -Luigi Caccia

  • Jeanologia par Enrique Silla : Entreprise à la fine pointe du traitement écologique du jean par l’utilisation de la lumière et de l’air. Jeanologia a créé des méthodes moins polluantes qui peuvent remplacer les techniques normalement utilisées pour donner l’effet usé du jean.
En effet, on a recours au laser afin d’user le jean et lui donner sa couleur délavée. L’équipe peut donc imprimer l’image numérique d’un vrai jean vintage et la transférer sur le tissu en gravant les détails grâce à l’énergie de la lumière; tout cela en quelques secondes.
L’eau n’est plus utilisée pour donner une apparence usée et délavée. Jeanologia opte pour l’air. Le jean est placé dans une machine en apparence semblable aux machines à laver, le G2, qui collecte l’air de la pièce pour en extraire l’oxygène et la convertir en ozone. Il en résulte un procédé de sablage normal, sans l’utilisation d’eau ou de produits chimiques. Ils éliminent donc l’eau de l’équation, sans pour autant augmenter le coût de production. Le choix est clair. Leur méthode de production l’emporte.

« Nous consommons 100 litres d’eau pour la finition d’une paire de jeans. C’est beaucoup seulement pour la finition. En matière de finition, pourquoi ne minimisons-nous pas cet impact? En tant que consommateurs, vous avez le droit de demander à la marque que vous portez d’où vient ce jean et comment il a été confectionné ou fini. » – Alex Penades, marketing chez Jeanologia

  • Depuis la campagne Detox de Greenpeace, 20 commerces leaders de l’industrie de la mode se sont engagés à améliorer leur production au niveau environnemental pour l’année 2020 : Nike, Adidas, Puma, G-Star Raw, Valentino, Coop, H&M, M&S, C&A, Li-Ning, Zara, Mango, Esprit, Levi’s, Uniqlo, Benetton, Victoria’s Secret, Canepa, Burberry et Primark.
*River Blue est disponible sur la page Internet officielle du documentaire (en références). Vous serez ensuite redirigés sur la page Youtube, Itunes, Vimeo on demand, Amazon, dotstudioPRO ou Google Play, afin de commander le visionnement complet (14.99$).
**Cet article n’est en aucun cas subventionné par River Blue.
Références:
Document audio-visuel
McILVRIDE, David et Roger WILLIAMS. 2016, River Blue, coul., 1h35 minutes, États-Unis, Juice Distribution.
MORGAN, Andrew. 2015, The True Cost, coul., 1h32 minutes, Canada, Untold entertainment Inc.
Site Web
RIVER BLUE THE MOVIE. http://riverbluethemovie.eco/. Consulté le 13 février 2018.
GREENPEACE.http://www.greenpeace.org/archive-international/en/campaigns/detox/. Consulté le 20 mars 2018.

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