Nous avons discuté de la nouvelle fragrance Pescara (hybride entre parfum d’ambiance et brume corporelle), de l’agrandissement de la boutique Beauties Lab dans un contexte de pandémie mondiale et de l’avenir de différents projets avec la fondatrice Léa Bégin. Voici les propos d’une entrepreneure qui n’a pas peur de mettre la main à la pâte!
Article par Laurie-Han Hébert, photographies par Ana Camila
 
Cet article met de l’avant :
✓ La production locale et fait main
Clean beauty

Processus créatif et succès derrière le « parfum hybride » Pescara

Quand nous étions venus pour le lancement de ta boutique, tu nous parlais de ton processus personnel en disant « Tu veux être plus naturel, mais si en plus tu peux utiliser des produits qui vont être bon pour toi, ça va juste faire plus de sens. Aujourd’hui il y a des produits qui existent, qui sont bons pour nous. » En quoi Pescara est en phase avec cette ligne directrice?                       
LÉA :Pescara est fait à la main à Montréal, par une très talentueuse artiste parfumeuse : Dana El Masri. On parle de petites quantités, embouteillées à la main, avec beaucoup d’amour. On est loin des grandes compagnies qui font des parfums populaires vendus sur les grandes surfaces.
« Ce n’est pas un produit naturel. Ce ne sont pas des huiles essentielles, mais bien du parfum. Toutefois, il n’y a pas les préservatifs qu’on retrouve ailleurs.»
Léa Bégin, fondatrice et propriétaire chez Beauties Lab

 

Pescara est un « bouquet à vaporiser » qui transporte les client(es) en Italie, au bord de la mer Adriatique, à l’été et au désir que ça ne se termine jamais. Pourquoi avoir opté pour ce sentiment?
LÉA : En fait je ne savais pas que j’optais pour ce sentiment. À la base, Pescara n’avait pas de nom, de logo, d’image de marque, d’histoire autour. Il n’y avait rien parce que c’était à l’interne. C’est une odeur qui a été développée pour la boutique. J’ai eu l’idée d’ouvrir cette boutique en janvier 2019 et c’est en février que j’ai commencé à partir la machine. On a ouvert en mai.
En février, avant même de savoir que ça allait s’appeler Beauties Lab, avant même de connaître les brands que j’allais vendre, j’ai contacté Dana pour lui demander si elle faisait des odeurs parfums sur-mesure. J’avais des souvenirs de quand j’étais allée dans certains établissements comme des hôtels ou des boutiques… Ceux qui avaient une odeur que tu remarques quand tu entres, ou que tu ne remarques pas, car c’est si subtil, mais que quand tu y retournes une deuxième fois, cette odeur-là, la sentir à nouveau fait que tu te sens chez vous… Tu es en territoire connu et ça crée un souvenir. Je trouve trippant ces détails qui font que ça devient une expérience presque multisensorielle.
 
Peux-tu nous parler un peu plus en détail du processus créatif du parfum en collaboration avec Dana El Masri?
LÉA : Dana m’a dit “Yeah I can do it no problem. Just bring me a mood board and a short text about what you want to create. Just explain to me what you want to create. How you want people to feel.” Je suis donc allée sur Pinterest, j’ai fait un tableau qui s’appelait « parfum » et je me suis dit « voici le genre de vibe que je veux recréer ». C’était beaucoup d’images de peau, de fraîcheur, de fruits, d’eau, de voyages, de nostalgie, un côté très féminin, mais en même temps pas girly. J’ai envoyé ce tableau et un texte en 20 minutes. Je suis arrivée dans son atelier, puis elle a commencé à faire une concoction et a approché la bouteille près de mon nez. “Is that what you mean?Oh my god, c’était exactement ça. Je ne sais pas comment elle a fait, mais je suis partie à rire en me disant « c’est le processus créatif le plus trippant ever. Je savais que j’avais bien fait de mettre une partie de mon budget sur l’élaboration d’une odeur exclusive à la boutique.
 
J’avais deux diffuseurs au Lab. Elle m’a suggéré le nombre de gouttes à y mettre et où placer les diffuseurs. Ça sentait jusque dans le couloir du bâtiment! Neuf clients sur dix qui entraient me demandaient ce qu’était cette odeur. Je leur parlait de Dana. On m’a souvent demandé si c’était possible de l’acheter et je devais toujours décevoir en répondant non. C’était comme ça pendant quelques mois. J’ai fini par le mettre sur le marché pour pouvoir offrir la possibilité aux clients de ramener Beauties chez eux.
 
Il a fallu que je trouve un nom. Il a fallu que je trouve le pourquoi du comment. Quand tu veux mettre quelque chose sur le marché, il faut qu’il y ait une histoire autour, une identité, quelque chose… C’est là que j’ai dû presser sur rewind et aller au plus profond de moi pour me demander: pourquoi ai-je choisi ces images-là? Qu’est-ce qui m’a poussé et qu’est-ce que ça veut dire pour moi? Je suis partie des notes de parfum : la pêche, le pamplemousse, une note qui s’appelle sunscreen, boutons de rose, musc… J’ai fermé mes yeux et l’Italie est apparue. Mon père est Italien et mes parents avaient une maison en Italie, donc j’y suis souvent allée.
J’ai continué ma réflexion avec l’Italie. Pêche en italien se dit « pesca »… L’Italie est le deuxième plus grand producteur de pêches… J’avais quelque chose. J’en ai parlé avec mes parents et on est venu au nom d’une ville, proche d’où mes parents avaient leur maison : Pescara. Ça m’a remis dans toute cette nostalgie des voyages, surtout que mes parents ont dû vendre la maison récemment et ça été très difficile émotionnellement. Mes parents étaient bien touchés.
 
Réalisatrice: Estelle Abou Directeur Photo: Juliette Lossky Assistante sur Plateau: Nastia Cloutier-Ignatiev Etalonnage: Simon Bøisx Musique : Kicktracks – Dive in the water feat.Medeia Merci à Louis Bégin, Julia Johnson, Antoine Ryan et Cinéground.
Une fois le nom trouvé, il fallait penser à la présentation. J’ai décidé de faire un beau petit packaging. J’ai écrit à une de mes amies Marie-Philippe Jean pour qu’elle écrive un poème pour accompagner la bouteille. Toutes les personnes qui ont travaillé sur ça, je leur ai montré le mood board, le paragraphe, et c’est tout. Marie-Philippe,
l’agence de branding, mon ami JF qui m’a donné l’idée de faire une pochette qui fait comme une pêche, la couturière, mes parents… C’est finalement un cumulatif de plein de monde autour de moi que je trouve super cool.

On peut donc dire que c’était très spontané au début!
LÉA : « Oui. Parce que le but n’était pas de sortir un produit de plus sur la planète. »
– Léa Bégin, fondatrice et propriétaire chez Beauties Lab

Léa Bégin & Pescara partout dans le local de Beauties Lab!
Pescara est à la fois un parfum d’ambiance et une brume corporelle. Quels sont les endroits où tu le vaporises chez toi?
LÉA : Dans ma chambre, sur mon lit… Puis j’en mets sur moi, un peu dans mes cheveux, et parfois j’en mets dans ma garde-robe, sur mes coussins, sur mon divan. Des fois j’ai des bouquets de fleurs séchées, alors j’en mets sur les fleurs.
C’est le genre de produit que je vais clairement apporter avec moi lorsqu’on pourra voyager. Tu peux en mettre dans ta chambre d’hôtel pour avoir une odeur à ton goût, puis le porter sur toi dans la journée.
Finalement, quand je me fais un bain, je ferme la porte donc l’eau chaude fait du steam. Puis je vaporise Pescara. Donc mon cerveau associe un moment de relaxation à cette odeur. Quand je le mets, il y a une partie de moi qui se transporte là aussi.
 
Quels sont les endroits les plus surprenants où tes client(es) t’ont dit l’avoir vaporisé chez eux?
LÉA : C’est une superbe bonne question, mais je n’ai pas eu encore de feed-back. J’ai eu des super beaux commentaires. Il y a quelqu’un qui m’a dit qu’elle essaie de vendre sa maison, qu’elle a reçu le parfum et qu’elle est convaincue que le parfum va l’aider à séduire des nouveaux acheteurs! Je suis convaincue que oui. En général même les hommes ne trouvent pas ça trop féminin. Ça touche tout le monde. Au début tu as le côté fresh, puis après ça vient comme te border. Comme quand tu te couches puis que le sable est chaud. C’est vraiment ça, ce feeling-là.
 
Le parfum a rapidement été sold out lors de son lancement. Pourquoi penses-tu que le parfum a eu toute cette attention médiatique et cette importance chez les clients? Est-ce que ça t’a surpris?
LÉA : La raison qui fait qu’ils se sont tous vendus, je pense que c’est parce que ça vient du cœur. Quand ça vient du cœur, ça connecte avec le monde. La deuxième raison serait parce qu’il y a beaucoup de clients qui l’avaient déjà senti en boutique. Il y a beaucoup de gens qui attendaient ça, qui sont venus l’acheter et qui m’ont dit: « Je fais partie des clients qui sont venus au début et qui t’ont demandé cette odeur-là. Puis tu nous as écoutés et tu l’as fait. » Il y en a qui se sont acheté deux bouteilles. Le fait qu’il ne soit pas cher. Le fait que ce soit 65$, au lieu de 150$, que ce ne soit pas un parfum concentré… C’est un achat qui est moins engageant, donc pour le online ça a super bien marché. Au pire tu le donnes en cadeau, au pire tu le mets juste chez vous et pas sur toi. Le fait que ce soit un hybride, ça a aidé aussi les ventes, je pense.

L’influence de la pandémie

Dans ton article de blogue, tu mentionnais l’organisation d’un « gros événement dans un bel hôtel » pour le lancement de ce parfum, puis que la pandémie t’a littéralement « coupé l’herbe sous le pied ». Avec du recul, considères-tu cela aujourd’hui en majorité comme un bien, un mal, ou un mal pour un bien?
LÉA : Un mal pour un bien parce que ce n’était pas quelque chose qui était nécessaire. C’était quelque chose que je faisais pour faire tripper aussi. J’aime connecter les gens et j’aime rassembler les gens. Je voulais faire vivre une expérience. Je voulais présenter Dana, je voulais faire une projection du vidéo, présenter l’équipe, vraiment donner l’impression d’entrer dans le monde de Pescara. C’est ce que je voulais faire.
« Je n’ai pas pu le faire. Ça m’a forcé et appris à lâcher prise. Ça m’a appris à me dire que je suis capable de lancer un produit, même si c’est juste en ligne. »
Léa Bégin, fondatrice et propriétaire chez Beauties Lab
Si je suis capable de lancer un parfum en ligne en 2020, il y a bien des choses que je suis capable de faire [rires]! 

La COVID a affecté énormément de boutiques et ça a aussi affecté Beauties Lab. Pourquoi as-tu fait le choix d’agrandir ton espace commercial dans ce contexte?
LÉA : Le COVID, ça a affecté tout le monde. Moi aussi ça m’a affecté d’une façon. Ça m’a affecté plus sur le plan physique, psychologique, personnel, parce que j’ai travaillé beaucoup. Ça s’est accumulé à un burn-out en 2019. Je dirais que mon but n’était pas de retourner là…
Quand j’ai lancé la boutique, je pensais que ça allait être un petit studio pour que je puisse accueillir mes clientes que je vois dans les shoots, leur donner des cours de maquillage, leur donner des options de produits clean, mais je ne voyais pas ça comme ça. Je ne pensais pas que ça allait grossir aussi rapidement. En avril, j’ai eu une opportunité de prendre le local voisin et d’agrandir. Mais c’était un moment incertain. Beaucoup de gens perdaient leur travail.
Quand elles s’en sont débarrassées, elles m’ont tout de suite texté pour me dire que le local était libre. Mais là on était en fin mars/début avril. C’était le moment le plus crunchy. Tout le monde perdait leur job.
« Je n’avais aucune idée de quand on allait avoir le droit de refaire des [soins] facials. Quand allons-nous avoir le droit de rouvrir? On n’avait aucune idée. On avançait les yeux fermés. Je me suis dit que ce serait vraiment stupide que je le prenne, mais que ce serait vraiment stupide que je ne le prenne pas. Alors je l’ai pris. »
Léa Bégin, fondatrice et propriétaire chez Beauties Lab
Puis tant qu’à doubler l’espace boutique, on va faire un rebranding, parce que c’est le meilleur moment pour le faire. Puis, des réno, une
incorporation et des nouveaux membres dans l’équipe!

Regard vers l’avenir

As-tu quelque chose à ajouter concernant l’entrevue et l’avenir de tes projets?
Tout ça donne un peu le ton de mes derniers mois : Pescara, le COVID, l’agrandissement. Je me suis incorporée… Tout ça toute seule. Ça a été vraiment le fun, mais en même temps très difficile.
« Tout le monde a vécu différemment le COVID. Moi ça a vraiment bien été, mais pour que ça aille bien, il a fallu que je me défonce au travail. Et maintenant j’ai besoin de me reposer. On va terminer 2020 en force mais en douceur, et on verra ou 2021 nous amène!
Une idée de retraite bien-être m’habite… »
Léa Bégin, fondatrice et propriétaire chez Beauties Lab

Pour Beauties, ça va vraiment être de s’asseoir sur tout ça. On a une nouvelle esthéticienne qu’on entraine. J’aimerais peut-être développer un peu plus le online pour le reste du Canada. Mais sinon je compte bien rester ici un petit bout. Je ne compte pas aller pignon sur rue. Ce n’est pas ça que mon cœur me dit en ce moment. Sinon, moi personnellement j’ai déménagé! Je suis retournée là où j’habitais avant, à Saint-Lambert, et je suis super contente de ça!

Où trouver ce salon de beauté éco-chic

Voici également les coordonnées de Beauties Lab si vous désirez y faire un tour physiquement, ou de façon virtuelle!
Boutique: au Château St-Ambroise, 4030 Rue Saint-Ambroise #219, Montréal, QC H4C 2C7
Boutique en ligne : https://beautieslab.co

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