Certex est un centre de tri de récupération et de valorisation textile qui opère depuis 1992. Nous avons eu une rencontre avec Stéphane Guérard, directeur général chez Certex, qui nous a fait visiter l’usine située à Saint-Hubert.
 
Article et photographies par Laurie-Han Hébert
 
Vous vous demandez certainement où vos vêtements aboutissent lorsque vous en faites don. Ils peuvent être envoyés chez Certex, une entreprise qui favorise le zéro déchet. Certex empêche votre ménage de garde-robe d’atterrir à l’enfouissement, là où les déchets se retrouvent et prennent plus de 200 à 400 ans jusqu’à biodégradation. En effet, lorsque vos vêtements se retrouvent chez Certex, 90% de ceux-ci sont réutilisés pour la valorisation textile et 10% se retrouvent dans le sol (ceux-ci sont souvent troués, tachés et faits à partir de tissus synthétiques).
Selon RECYC-QUÉBEC, on jette environ 180 000 tonnes de vêtements par année au Québec. Selon le directeur général de Certex, on en jette de 200 000 à 250 000 tonnes par année.

 

Ce que Certex fait de vos dons de vêtements.
  • 10% vendu dans leur friperie
  • 15% pour la fabrication de chiffon
  • 5% pour la valorisation énergétique
  • 60% à l’export (principalement en Afrique, mais Certex développe d’autres marchés, entre autres en Europe de l’Est, en Amérique Centrale et en Amérique latine)
  • 10% à l’enfouissement (vêtements troués, tachés et fabriqués à partir de tissus synthétiques)
*Aussi, certains tissus sont utilisés par des éco designers qui passent régulièrement chez Certex.
Certex dénote avec raison certaines problématiques dans l’industrie de la mode. Les voici :
  • Le fast fashion fait en sorte que la qualité du linge se dégrade. Ces vêtements, souvent créés à partir de mélanges de fibres, sont donc plus facilement jetables et Certex doit parfois les envoyer à l’enfouissement.
  • Les designers n’ont pas une réflexion poussée en rapport avec le cycle de vie des vêtements. Les créateurs pensent leurs vêtements en amont et ne pensent pas à la durabilité de ceux-ci.
  • Les vêtements intelligents sont une bonne opportunité de développer la technologie en symbiose avec l’industrie de la mode, mais à quel prix? L’équipe de Certex se demande alors ce que cela provoquera en termes de fin de cycle de vie.

« Les vêtements intelligents se transforment-ils en simples déchets ou en déchets électroniques? Je ne sais pas comment on pourra réagir à cela. » – Stéphane Guérard, directeur général chez Certex

 
Un article du magazine Racked traite de l’importation de vêtements en Afrique et de l’impact que cela a sur leur l’économie, qui dépend constamment des pays comme le nôtre. La Communauté est-africaine (EAC) veut donc se dissocier de cela afin de générer leur développement de production locale de vêtements et textiles. Voici ce qu’en pense le directeur général de Certex.
Stéphane Guérard a été clair en ce qui concerne l’énoncé ci-dessus. En effet, cette affirmation est un mauvais argument puisque les capitaux chinois sont dirigés vers l’Afrique en raison du salaire qui a nettement augmenté en Chine. Selon monsieur Guérard, bannir l’importation serait provoqué par les autorités gouvernementales de l’Afrique de l’Est et non par la population, qui elle ne désire pas travailler au sweatshop pour quelques dollars de l’heure. Fermer les barrières en ce qui concerne l’importation de nos vêtements ferait en sorte que cette population consentirait à acheter local, mais aussi acheter et travailler pour les compagnies de production.
Voici quelques autres raisons pour lesquelles ce ne serait pas judicieux de bannir l’exportation de vêtements de seconde main vers Afrique de l’Est :
  • L’artisanat local ne peut vêtir toute la population. À ce jour, il n’y a pas d’infrastructure de production de masse.
  • L’Amérique est synonyme de qualité pour cette population. De plus, les jeunes ne veulent plus s’habiller de façon traditionnelle. Ils préfèrent du Nike, Adidas, etc. Puisqu’ils n’ont pas le budget pour cela, les vêtements d’occasion sont une bonne opportunité.
  • Ce ne serait pas une catastrophe en ce qui concerne le PIB du Canada. Pourtant, les compagnies comme Certex seraient dans l’obligation de revoir leur mission environnementale et sociale, puis 60% des vêtements présentement valorisés iraient à l’enfouissement.
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La mission de Certex ne s’arrête pas à la récupération et à la valorisation du textile. En effet, le centre de tri est une entreprise d’économie sociale avec 77% de ses employés qui ont des limitations et des handicaps physiques ou mentaux. Le recrutement se fait par la méthode essai et erreur, jusqu’à ce que les gens trouvent un poste qui leur convient.
« Certaines opérations pourraient être automatisées, mais c’est contre notre mission. » – Stéphane Guérard, directeur général chez Certex
En visitant l’usine Certex, nous avons surpris une conversation du directeur général avec un employé. Celui-ci lui disait :

« Ça se passe bien, mais j’ai beaucoup à apprendre encore. En tout cas, merci de me donner une chance. » – Employé anonyme chez Certex

Nous pouvons en conclure que c’est en entendant cela qu’une entreprise peut être fière du travail éthique qu’elle entreprend.
 
Certex ne cesse de nous surprendre avec leur mission sociale et environnementale qui vise le zéro déchet, ainsi que leurs nombreux projets qui incluent la mode éthique et les diverses façons de la diffuser.
Voici notre coup de cœur à la friperie FripeShop de Certex:
Ce sac est à la fois joli et pratique en plus d’être assez grand pour porter quelques livres et vos essentiels pour la plage. Aussi, il est vendu comme neuf et à un prix plus bas que le fast fashion!

 

Références :
Article de périodique sur Internet
BANIGAN, Melissa. 2018, « East Africa Doesn’t Want Your Hand-Me-Downs : Can citizens afford new, locally made clothes? And how will Chinese factories change the landscape? », Racked. En ligne, (janvier). https://www.racked.com/2018/1/25/16923226/east-africa-used-clothing-ban . Consulté le 26 mars 2018.
Site web
CERTEX CANADA. http://certexcanada.com/fr/. Consulté le 26 mars 2018.
RECYC-QUÉBEC. https://www.recyc-quebec.gouv.qc.ca/. Consulté le 26 mars 2018.

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